Make ou Zapier pour une TPE : lequel choisir, et quand n’en prendre aucun
Make ou Zapier ? Vous ouvrez les deux grilles tarifaires un soir, et le choix paraît fait. Puis votre outil de devis renomme un champ. L’automatisation qui recopiait chaque devis signé dans le tableau de suivi tourne toujours. Elle recopie une case vide, sans erreur ni alerte.
Le prix affiché pèse peu face à une autre question. Qui s’en aperçoit, et qui répare ? Dans une TPE sans développeur, c’est vous, ou la personne qui tient l’administratif. Nous comparons Make, Zapier et n8n sur ce qui compte pour elle. Puis les cas où aucun ne convient.
Make, Zapier, n8n : ce que chacun compte
Ces outils relient vos logiciels entre eux. Un événement survient dans l’un, une action suit dans l’autre. Mais chacun facture une unité différente. La même tâche ne s’y compte pas de la même façon.
Zapier compte des tâches. Une tâche, c’est une action réussie, comme une ligne ajoutée ou un e-mail envoyé. Le déclencheur, lui, ne compte jamais.
Make vend des crédits. Pour une application sans IA, un crédit vaut une opération. Chaque module d’action en consomme un par élément traité. Le déclencheur aussi, à chaque vérification, même quand il ne trouve rien.
Reste n8n, qui facture des exécutions. Une exécution, c’est un passage complet du workflow. Le nombre d’étapes n’y change rien, précise sa page de prix.
Make, Zapier et n8n au 1er novembre 2026, d’après leurs pages officielles
| Zapier | Make | n8n | |
|---|---|---|---|
| Unité facturée | La tâche | Le crédit | L’exécution |
| Ce qui est compté | Chaque action réussie | Chaque action, chaque vérification | Chaque passage complet |
| Offre gratuite | 100 tâches par mois | 1 000 crédits par mois | Aucune en ligne, essai de 14 jours |
| Première formule payante | Professional : 19,99 dollars par mois, 750 tâches | Core : 9 dollars par mois, 10 000 crédits | Starter : 20 € par mois, 2 500 exécutions |
| Données | États-Unis | États-Unis ou Union européenne | Francfort, ou votre serveur |
Les prix de Zapier et de n8n s’entendent en paiement annuel.
Supposons une automatisation modeste. Chaque devis signé s’ajoute au tableau de suivi, puis un e-mail remercie le client. Quarante devis par mois, deux actions à chaque fois.
Chez Zapier, cela fait 80 tâches, sous le plafond gratuit de 100. Mais le Zap compte trois étapes, et l’offre gratuite s’arrête à deux. La formule payante devient nécessaire.
Pour Make, tout dépend de la fréquence des vérifications. Par défaut, un scénario tourne toutes les quinze minutes. Soit 96 vérifications par jour, 2 880 crédits sur trente jours. Les 1 000 crédits gratuits partent en moins de onze jours. Certains outils préviennent Make dès qu’un devis arrive, grâce au déclencheur instantané. Le même scénario consomme alors 120 crédits par mois.
Côté n8n, 40 exécutions, loin des 2 500 de la formule Starter. Avant de comparer des prix, convertissez donc votre tâche dans l’unité de chacun.
Zapier gratuit, n8n gratuit : jusqu’où vont les offres d’entrée
Au 1er novembre 2026, l’offre gratuite de Zapier donne 100 tâches par mois. Ses Zaps s’arrêtent à deux étapes : un déclencheur, une action. Le déclencheur y interroge vos outils toutes les quinze minutes. Payée au mois plutôt qu’à l’année, la formule Professional passe de 19,99 à 29,99 dollars.
L’offre gratuite de Make compte 1 000 crédits par mois, sans limite de durée. Nous avons relevé le prix de Core, 9 dollars, le 1er novembre 2026. Il figure sur sa page de comparaison avec Zapier. Vérifiez sur sa grille s’il suppose un paiement annuel.
n8n n’a pas d’offre gratuite en ligne. Son essai dure 14 jours, plafonné à 1 000 exécutions. Sans souscription à la fin, l’instance est supprimée. Reste la version communautaire, à installer sur votre serveur. Sa licence la laisse gratuite pour un usage interne. Gratuite, mais pas sans travail.
Le quota atteint, Zapier met les nouveaux passages en attente jusqu’au cycle de facturation suivant. Le paiement à la tâche, en option, prolonge le service. Comptez 1,25 fois le tarif de base à l’année, 2,5 fois au mois. Chez Make, les scénarios s’arrêtent jusqu’à l’ajout de crédits.
Make ou Zapier, le jour où l’automatisation casse
Une automatisation dépend de ce qu’elle lit. Un champ de formulaire renommé, une colonne de fichier déplacée, un outil mis à jour. Chacun peut la casser.
La première panne fait du bruit. Zapier éteint un Zap dont 95 % des passages échouent sur sept jours. Make désactive un scénario après un nombre d’erreurs fixé dans ses réglages. Avec un déclencheur instantané, dès la première. Chez n8n, l’alerte reste à construire, avec un workflow d’erreur monté par vos soins.
L’autre panne ne fait aucun bruit. Le scénario réussit, mais il recopie une case vide. Sans filtre prévu pour ce cas, rien ne signale la donnée manquante. Il faut quelqu’un qui regarde le tableau, et qui sait où réparer.
Savoir où réparer dépend de l’outil. Un Zap enchaîne un déclencheur, puis une ou plusieurs actions. Make l’écrit lui-même : sa puissance peut allonger l’apprentissage des profils peu techniques. Comprendre les aiguillages et la gestion des erreurs prend du temps, selon ses utilisateurs.
En ligne, n8n gère l’hébergement, pas vos workflows. Installé chez vous, il vous laisse tout. Sa documentation le dit : compétence technique requise, maintenance à votre charge. Sans développeur, sa version gratuite vous coûte un serveur et sa surveillance.
Notre avis : pour deux ou trois étapes, Zapier se répare le plus vite. Make coûte moins cher à l’action, une fois sa fréquence réglée. Il demande en échange plus de pratique à la personne qui répare.
Où vont vos données
Zapier héberge les données sur des serveurs AWS aux États-Unis. Il ne propose pas de stockage limité à l’Union européenne. Il s’appuie sur le cadre de protection des données UE-États-Unis.
Make propose deux centres de données, aux États-Unis ou dans l’Union européenne. Le choix se fait à la création de l’organisation, et il est définitif. Si des données clients y passent, choisissez l’Europe dès le départ. Certaines fonctions d’IA de Make passent toutefois par les États-Unis, même en zone européenne.
La version en ligne de n8n stocke les données à Francfort, en Allemagne. Installé chez vous, n8n les garde là où vous l’hébergez. Notre article sur l’emplacement des données liste trois questions à poser à l’éditeur.
Quand n’en prendre aucun
La tâche change encore. Un formulaire refait chaque trimestre, un tableau aux colonnes mouvantes : l’automatisation sera à reprendre. Attendez que sa règle s’écrive en une phrase, sans « ça dépend ». Notre guide des tâches répétitives montre comment l’écrire.
Votre logiciel le fait déjà. Votre outil de facturation sait peut-être relancer les impayés. Cherchez ce réglage avant d’ajouter un abonnement. Un connecteur de plus alourdit la liste de vos abonnements logiciels.
Le volume est trop faible. Supposons une tâche de dix minutes, deux fois par mois. Elle vous prend quatre heures par an. Une seule panne, le temps de comprendre puis de réparer, peut effacer ce gain. L’offre gratuite couvre peut-être le prix. Elle ne couvre jamais la réparation.
Choisir la tâche avant l’outil
Avant d’ouvrir une grille tarifaire, écrivez trois lignes. La tâche, en une phrase. Son volume par mois. Puis le nom de la personne qui la réparera. Pour le volume, notre méthode en cinq étapes part d’une semaine ordinaire.
Si la dernière ligne reste vide, le comparatif s’arrête là. Ni Make ni Zapier ne réparent seuls un champ renommé. Il vous faut alors une tâche plus simple, ou quelqu’un dont c’est le métier.
Choisir la tâche, c’est le travail de l’audit d’automatisation. Nous listons vos tâches manuelles et leur temps, au fil d’échanges à distance. L’audit dure 1 semaine et coûte 790 € HT. Il est remboursé si nous trouvons moins de 4 heures par mois à vous rendre. Il nomme aussi les tâches à laisser à la main.